Des photos et des mots couleurs de l'eau douce ou salée, couleurs de l'instant, couleurs des bateaux et des rencontres au fil du temps
Le phare de Tévénnec
Il apparait décharné accroché à son rocher au milieu de nulle part....
Des hommes se sont acharnés à le construire au large de la Pointe du Raz et de la pointe du Van au bout du Finistère avec pour décor la baie des Trépassés.
Il laisse à chaque fois une impression de solitude perdu dans l'océan.... Le coin n'est pas très recommandé non loin du Raz de Sein fréquenté uniquement par les pêcheurs de bars valsant au fil des vagues entre deux roches acérées.
Et pourtant il donne un image de solidité. Planté pour longtemps sur ce caillou, il balise avec fidélité les parages dangeureux. Compagnon de route, il rassure et accompagne les navigateurs de passage....
Comme tout lieu extraordinaire, son histoire est une légende.
On dit que ce phare est maudit. Dès sa construction les ouvriers sont effrayés par
des voix. Les oiseaux ne viennent jamais s’y poser. Entre le jour de sa mise en route le 15 février 1875 et 1881, il va y avoir 12 gardiens à se succéder. A chaque fois le gardien en place donne
sa démission au bout de quelques mois et ne veut plus y retourner. Et pour cause, on y entend des grands cris « KERS-KUIT » répétés la nuit qui veut dire en breton « va t’en ».
L’administration décide alors d’y installer des gardiens avec toute leur famille. Rien n’y fait… les cris « KERS-KUIT » se poursuivent. En 35 ans, ce phare aura vu passer 19 gardiens et 4
gardiennes. Folie, accidents et 6 décès violents vont faire de ce lieu une légende de mort. On prétend que longtemps avant la construction du phare, un marin naufragé avait réussi à se réfugier
pendant 4 jours sur ce rocher appelant au secours. Mais la mer démontée n’a pas permis son sauvetage. Son âme par contre « anaon » en breton a continué à hanter le rocher. On prétend que c’est
cette âme qui a été enfermée dans le phare lors de sa construction. Henri Porsmoguer, le premier gardien du phare explique qu’il a invité cet esprit à boire un verre avec lui. Mais le fantôme
s’est offusqué et l’a battu jusqu’au matin le laissant meurtri au bas des roches sombres.
En 1910, l’administration décide de jeter l’éponge et d’automatiser le phare avec l’aménagement à l’époque d’un réservoir de gaz prévu pour une autonomie de 6 mois.
Bien plus tard, à notre époque, des plongeurs ont découvert un passage sous-marin d’une vingtaine de mètres traversant le rocher sur lequel est implanté le phare. Par fortes marées, l’air
comprimé émet des bruits effrayants... ressemblant à KERS-KUIT
Le fameux KERS-KUIT a été élucidé mais le lieu reste impressionnant quand on passe au large. Sur ce rocher il y a juste la place pour le phare et la maison qui lui est accolé. Au loin on voit la
plage des trépassées. Une autre légende raconte que l’ankou vient chaque année après la Toussaint emmener les âmes défuntes vers des îles au large en barque depuis cet
endroit.
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