Des photos et des mots couleurs de l'eau douce ou salée, couleurs de l'instant, couleurs des bateaux et des rencontres au fil du temps
Des voiles de rhododendrons et d'azalées
Pour colorer les vents.
En escale à Bréhat
Rêver des rochers oranges au couchant.
Depuis les huniers voir passer les fous de bassan
Et s'envoler avec eux le temps d'un instant,
En passant les sept îles
La sagesse au ventre, les ailes effilées d'envie de partance
Sur l'île de Batz
Larguer l'ancre dans les champs du possible,
Emportant un peu d'essences exotiques
Depuis les jardins maraichers des gens d'ici
Sur le fil de l'eau, de l'océan
Je file d'île en île
Naviguant toujours au vent portant
Balisant ma route d'instants fragiles.
Sur l'océan enfin poser mon sac
Dans les rouleaux qui assaillent
Les roches acérées du Créac'h
Au bord de l'île de Ouessant.
A Molène en naviguant grand largue
Border l'écoute des souvenirs,
De peur qu'ils ne se mettent à fasseyer
Dans le ciel du temps présent.
Lestée d'incertitudes au large de l'île de Sein
Le regard fuyant vers ce grand océan,
Je ressens soudain dans la fragilité
Une force face aux vagues déchainées sur l'estran.
Sur le fil de l'eau, de l'océan
Je file d'île en île
Naviguant toujours au vent portant
Balisant ma route d'instants fragiles.
Dans le lagon bleu tropical des Glénan
J'aimerai larguer l'ancre dans la chambre
Ressentir la chaleur des îles du Pacifique
Rêveries qui ennivrent tous les sens.
Affaler les voiles, les gardes et pointes fixées au quai de Groix
Se boire une pinte... ici il y a toujours un ami en escale.
Guitare et chants de marins résonnent encore à la tombée de la nuit
Lorsque les rues se colorent de l'orange électrique des lampadaires.
Belle-île est sûrement trop grande pour être île.
Je préfère choquer l'écoute de grand voile
Et laisser le vent gonffler le foc ballon
A coup de suroit porteur d'émotions, de coïncidences et d'évidences
Sur le fil de l'eau, de l'océan
Je file d'île en île
Naviguant toujours au vent portant
Balisant ma route d'instants fragiles.
La barre à babord toujours, aborder à Houat
En prenant le temps de contourner l'île.
Elle est comme une vie humaine... avec un paysage nouveau à chaque recoin
Qu'il faut tous vivre avec ses tripes pour ne pas laisser s'échouer ce bonheur incertain.
Habillée d'une parure de roses trémières
Hoëdic offre un répis au temps qui file tout le temps.
Il me semble que c'est ici une sorte de paradis
A boire un demi au café du Port, observant le fouilli rassurant des herbes folles en liberté.
J'aimerais croire qu'il est possible de naviguer dans le golfe à contre courant
Mais il faut absolument un moteur pour affronter ce torrent du Morbihan
Pareille au plus tumultueux des Alpes... alors avec raison...
Je préfère prendre le temps... découvrant chaque île... prenant la barre de ma vie en main.
Sur le fil de l'eau, de l'océan
Je file d'île en île
Naviguant toujours au vent portant
Balisant ma route d'instants fragiles.